Parlons aventures avec Nasim Hamou, auteur de La Légende des 3 Galions

Bonjour Nasim, quelle est l’histoire de la Légende des 3 Galions ? Quelle est sa genèse ?

Bonjour à tous ! La Légende des 3 Galions est née à un moment où je voulais me détacher de mon style, qui jusque là avait toujours été sombre et teinté de cynisme et de misanthropie. J’ai voulu écrire une histoire plus positive, une histoire qui ferait rêver. C’est tout naturellement que je me suis tourné vers le roman de cape et d’épée, que j’affectionnais beaucoup quand j’étais jeune, tout en y mettant une dose d’aventure. Le thème de la piraterie s’est quasiment imposé de lui-même.

Ton roman s’inspire du manga, notamment de One Piece. Pourquoi avoir opté pour un tel choix esthétique ? As-tu ressenti, de fait, une différence dans ta manière d’écrire (notamment par rapport à Dix Mauvaises Nouvelles) ?

J’ai grandi avec le manga, surtout le shônen, et avec les jeux vidéo. Aussi, j’ai intégré, presque sans y penser, nombre de codes du genre. Je trouve les shônen très rafraichissants, car sous des dehors que certains jugent « naïfs », ces mangas visent à transmettre des valeurs positives. Et dans un monde aussi nihiliste que le nôtre, je trouve important d’avoir ce type de messages. J’ai clairement ressenti la différence par rapport à Dix Mauvaises Nouvelles, qui était une œuvre cathartique, mais qui ne m’avait pas fait rêver, contrairement à La Légende des 3 Galions.

One Piece, c’est pour moi le shônen idéal, ce qui se rapproche le plus du poème épique. Cette œuvre m’a réellement obsédé. C’est pourquoi je suis toujours très flatté quand on me dit que ma trilogie y fait penser.

Alexandre Dumas, auteur entre autres, des 3 Mousquetaires.
Alexandre Dumas et ses trois mousquetaires ont fortement inspiré Nasim Hamou et ses trois galions.

On décèle également l’influence de Dumas et de ses mousquetaires, surtout dans les deux premiers tomes. Penses-tu que les œuvres classiques sont fondamentales, ou qu’un écrivain peut s’en passer aujourd’hui, compte tenu de la surproduction littéraire ?

En effet, Les Trois Mousquetaires ont beaucoup influencé les deux premiers volumes. Ali, avant qu’il ne devienne le Capitaine tient d’ailleurs beaucoup de d’Artagnan, jeune gascon qui cherche la bagarre à tous ceux qu’il croise.

Les classiques sont fondamentaux à mes yeux, car ils constituent une base stable, une fondation sur laquelle ont peut bâtir son œuvre. Je ne dis pas que les romans actuels sont mauvais, mais je trouve qu’il est important de ne pas perdre nos classiques des yeux, ne serait-ce que parce que ce sont autant de hublots qui nous permettent de scruter notre passé.

La Légende des 3 Galions entremêle références historiques, littéraires, géographiques et fictionnelles. Penses-tu que le roman historique (même d’aventure) permet au lecteur de voyager dans le passé ?

Oui et non. Le roman historique permet de voyager dans une version imagée du passé, ce qui ne lui enlève en rien l’intérêt « voyage temporel ». Nous parlions de Dumas, plus tôt. Il n’était pas contemporain des Mousquetaires. Or, son roman permet de voir comment un homme du XIXe siècle percevait le XVIIe. On se projette dans ce passé. Finalement, le roman historique permet plus de mêler les époques que de réellement se plonger dans l’Histoire.

Ton œuvre oppose finalement une terre riche, capitaliste, à des territoires plus pauvres, mais où les gens sont « désespérément libres », si j’ose dire. Pourquoi un tel choix politique ? Penses-tu que les pirates sont le symbole d’un monde qui n’est plus ?

Ayant étudié l’Histoire à l’université, j’ai été frappé de voir à quel point le capital, l’argent, a une importance majeure dans tous les événements humains. L’un de mes professeurs nous avait expliqué que la Révolution Française pouvait trouver ses origines dans des questions d’endettement (dus à Louis XIV). C’est à ce moment-là que j’ai commencé à percevoir l’argent comme une réelle entrave aux libertés. Ne nous trompons pas, ce sont bien les marginaux (SDF aujourd’hui, hors-la-loi d’hier) qui sont les plus libres, même si cette liberté à un coût énorme : la misère.

Les pirates sont un symbole de liberté et d’aventures. Ils n’ont aucune attache, et le seul moyen de les faire tenir en place est de les emprisonner ou de les pendre. Je ne saurais dire si leur monde n’est plus, peut-être a-t-il changé de forme…

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