Florence Neuville, sogni d’oro

Née en 1962 à quelques encâblures de la Manche, en Normandie, Florence Neuville écrit très tôt. À 14 ans, elle découvre les auteurs classiques et pressent que la littérature aura un rôle important à jouer dans sa vie. Pastichant des vers, déclamant du Racine, c’est André Gide, avec Paludes et L’Immoraliste qui poussera l’autrice en herbe dans le bain de l’écriture.

Privilégiant les textes courts, plus à même de décrire l’impulsion des préoccupations et des sentiments de l’autrice, Florence Neuville compose surtout des poèmes, des journaux de bord, ou fige le temps en écrivant des instants de vie ou des portraits. Elle a par ailleurs rédigé quelques dossiers pédagogiques, dont l’un porte sur Le Devisement du Monde de Marco Polo (qui pourrait bien un jour naviguer du côté de notre catalogue).

D’une nature modeste, Florence Neuville met cette prédisposition à écrire des textes courts sur le compte de la paresse. Mais nous pensons plutôt que Florence Neuville est un peu comme une photographe, qui capture l’instant, sans fioritures, mais pas sans beauté. Il suffit de lire quelques lignes d’Une Échappée en Calabre pour s’en rendre compte. Un texte qui dévoile la beauté des paysages, sans pour autant noyer le lecteur sous les superlatifs.

Florence Neuville livre, dans une Échappée en Calabre un portrait naturel de la région.
Crédit photo : Florence Neuville

Florence Neuville se considère comme une chercheuse, et à cela, nous disons oui, ne serait-ce que par le caractère méticuleux de sa plume, ce qu’elle laisse entrevoir entre les lignes.

Lectrice assidue, Florence Neuville cite parmi ses auteurs favoris l’helléniste Jacques Lacarrière, Samuel Beckett, l’inénarrable Simenon et Erri de Luca. Liste non exhaustive, s’il en est.

Mais c’est aussi vers le cinéma italien d’après-guerre que penche le cœur de l’autrice. Visconti, Rossellini, et, ce ne sera pas une surprise pour les lecteurs d’Une Échappée en Calabre, Nanni Moretti, à qui elle dédie son récit de voyage.

Florence Neuville a pris de nombreuses photos au cours de son séjour.
Crédit photo : Florence Neuville

Niveau voyages, Florence Neuville a une affection particulière pour le monde méditerranéen. Particulièrement la Sicile, et l’Italie, dont elle est tombée amoureuse à ses huit ans. Elle parle de ses pérégrinations comme des “voyages d’errance”, sans programme prédéfini. Et quand elle choisit un lieu, elle y vit, devient une “locale” de passage, à la fois observatrice et partie prenante des endroits visités.

Lorsqu’elle se rend en Italie, qu’elle considère comme sa maison de famille, elle ne la visite pas, elle y vit.

Voyager, c’est accueillir. Il me semble que c’est la même chose, pour l’écriture.

Florence Neuville

Une Échappée en Calabre est un récit que l’autrice avait originellement écrit pour ses sœurs. Ce devait être un compte-rendu de voyage dont l’écriture s’est avérée salutaire. Un texte qui devait notamment expliquer son attachement à l’Italie. En fait, Une Échappée en Calabre est un instantané, une peinture de cet attachement. Un récit de voyage, mais pas seulement. Presque une romance à l’italienne.

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